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La loi du 13 avril 2016 contre le système prostitueur a deux ans.

La loi française a été votée il y a 2 ans.
À l’occasion de cet anniversaire, des critiques se sont fait entendre.

Voici cinq réponses de Zéromacho.

1. La loi n’a rien changé : il y a toujours les mêmes lieux de prostitution, avec les mêmes femmes.
Il y a toujours de la prostitution, évidemment.  La loi protège les personnes dans la prostitution et les encourage à en sortir, mais le processus de sortie est long et difficile.
La loi n’avait ni la prétention, ni la volonté répressive, d’imposer la disparition immédiate de la prostitution. Ce n’est pas un texte magique. Comme toutes les grandes lois, qui visent des changements de fond, ses effets se feront sentir à moyen et long termes. Il s’agit d’un choix politique fait pour les générations futures.

2. Il y a moins de clients (prostitueurs).
Parfait ! Moins de prostitueurs : c’est la preuve que la loi est efficace. Elle affirme un principe nouveau, une rupture radicale : l’interdiction d’acheter un acte sexuel.

3. Il y a moins de prostituées dans la rue : elles sont davantage dans des salons de massages ou sur Internet.
Dans tous les pays, qu’il existe ou non une loi de ce type, la prostitution se redéploie sur Internet : c’est une tendance de fond.
Si les policiers, qui ne sont pas plus bêtes que les prostitueurs, veulent interpeller ces derniers, il leur suffit de se faire passer pour l’un d’entre eux, ce qui leur permet d’obtenir l’adresse et d’exercer des poursuites.

4.La loi a aggravé la situation des personnes dans la prostitution, qui s’est précarisée. Elles sont condamnées à plus de clandestinité.
Sur quoi repose cette affirmation ? La pénalisation des clients prostitueurs est encore peu appliquée. Elle ne peut donc être la cause de cette prétendue aggravation. De plus, la loi, en supprimant le délit de racolage, a délivré les personnes prostituées du poids de la répression policière. Celles-ci sont désormais reconnues comme des victimes du système qui les exploite, et les violences qu’elles subissent sont devenues des circonstances aggravantes pour les agresseurs. Elles sont donc mieux protégées par la loi.
Affirmer qu’il est interdit d’acheter un acte sexuel est un immense progrès, et marque une rupture avec le passé : on ne peut disqualifier un tel projet de société sous prétexte que la transition est compliquée.

5. Le danger s’est accru pour les personnes dans la prostitution : il y a moins de clients, mais ce sont les plus méchants, les plus pervers.
Aucun élément ne permet d’affirmer que la loi a causé une augmentation des violences subies par les personnes prostituées.
Qui peut croire que « c’était mieux avant » ? Que tous les « clients » étaient gentils, mettaient un préservatif et remerciaient poliment ?
Depuis des siècles, la violence est inséparable du système prostitueur.  Si, avant la loi, rares étaient ceux qui s’en inquiétaient, cette violence est, heureusement, devenue insupportable dans le contexte de la dénonciation croissante des violences sexuelles.
Si vraiment les « clients » sont de plus en plus pervers, il est urgent de tout faire pour les empêcher de nuire.

Zéromacho dit NON à la prostitution
OUI à la sexualité — rencontre de deux désirs !

 

 

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