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Action #66 – « Des enfants, pourquoi ? Pour qui ? »

Paris, 6e rencontre nationale, sur le thème de la paternité.

Nous avons travaillé en deux ateliers

  1. Réflexions sur la paternité et le congé paternel en vue de la future action de Zéromacho

 

Pourquoi souhaiter ou ne ne pas souhaiter être père ?

Ceux qui sont déjà pères le sont devenus pour des raisons diverses, les uns (les plus âgés) un peu par hasard, sans l’avoir vraiment voulu, parce que c’était dans le cadre d’une relation homme/femme, « parce que c’est comme ça », parfois pour sauver leur couple (mais ça ne marche pas.)

Les plus jeunes, ceux qui ont eu l’âge d’être père après la loi Neuwirth, ont souhaité une proximité avec des enfants engendrés avec une femme choisie.

Tous parlent de perpétuer la vie, de transmettre leurs valeurs personnelles, de donner une prééminence à la continuité de la vie sur la mort.

Ceux qui ne veulent pas être pères invoquent des raisons d’ordre personnel (part d’égoïsme, refus de donner trop de son temps, trop grandes responsabilités) ou d’ordre sociétal (incertitudes et menaces sur l’avenir, changements climatiques, mondialisation, surpopulation de la planète, etc.)

 

Le congé paternel ? Lequel et pourquoi ?

Tout d’abord comment nommer ce congé : congé parental ?   Congé paternel  ? Congé de paternité ? (mais quid du congé en question dans le cadre d’un mariage gay) ? Congé d’enfant, comme en Suède ?

Pourquoi ce congé de paternité ? (terme retenu)

En premier lieu,  pour refuser une virilité pesante, et l’injonction à travailler à l’extérieur pour gagner de l’argent, beaucoup si possible, sans avoir du temps pour « vivre » des rapports constructifs avec les autres, en particulier ses enfants ;  donc, réinvestir la sphère « privée » traditionnellement dévolue aux femmes, pour que  les femmes puissent investir la sphère publique.

Il en découle la nécessité du  partage  50/50 des tâches familiales, du travail à l’extérieur, des salaires et de la temporalité dans un souci d’égalité.

 

Ensuite, ce congé paternité apparait nécessaire  pour retrouver la part de sensibilité qui est en partie refusée aux hommes dans un système patriarcal  qui étouffe leur désir de tendresse, de douceur (tactile et affective), de contact avec l’autre, contact qui ne soit pas strictement sexuel.

 

Quant aux modalités de ce congé, on en est à la phase des questions : quelle durée ? Modulable ou non ? Obligatoire ou non transférable ? Rémunéré à quelle hauteur ? etc.

 

*************

 

  1. Réflexion stratégique : comment contrer les masculinistes qui se découvrent pères avec les droits afférents, au moment de la rupture avec la mère ?

 

Difficulté à définir les masculinistes, étant donné leur diversité

Ce qui fonde le masculinisme est le refus de l’égalité femmes-hommes, et l’affirmation d’une prétendue supériorité masculine.

Les masculinistes essentialisent la virilité traditionnelle, l’homme dominant, agressif, conquérant, se maîtrisant, n’exprimant pas sa sensibilité. Ce sont eux qui traitent d’« émasculé » Daniel Craig (l’acteur ayant incarné James Bond) quand il se montre portant son bébé.

Des masculinistes comme Eric Zemmour vantent une virilité à l’ancienne qu’ils sont loin d’incarner apparemment : ils semblent manquer de confiance en leur propre virilité, et en font des tonnes pour masquer leurs complexes.

Peut-être faut-il parler de néo-masculinistes pour ceux qui au contraire soignent leur apparence physique et se présentent comme des pères aimants. Les pick-up artists disent être des séducteurs et affirment être pour l’égalité, ce qui les rend plus difficiles à combattre.

 

Des victimes, de quoi ?

Ce que tous les masculinistes ont en commun est de se présenter comme des victimes des femmes et surtout des féministes. « L’égalité est allée trop loin, disent-ils, les femmes ont trop de pouvoir. »

Des hommes, beaucoup plus que des femmes, se sentent ringardisés par l’évolution de la société, d’où des réactions masculinistes à des degrés de violence divers. Ils sentent que l’avenir ne leur appartient pas.

Quand des hommes sont victimes d’un autre système de domination, socio-économique, quand certains se retrouvent au bas de l’échelle sociale et sont durement exploités, il leur est difficile d’entendre qu’ils sont privilégiés par rapport aux femmes. Mais, d’une part, les femmes ne sont pas responsables de cette domination, d’autre part, dans tous les cas, même celui d’un SDF par exemple, la situation de l’homme est meilleure que celle de la femme car celle-ci subit en plus le système de domination sexiste (risque de viol), qui n’a pas d’équivalent pour les hommes.

Même les hommes socialement et économiquement dominés peuvent toujours s’estimer supérieurs aux femmes : c’est sans doute l’une des raisons du harcèlement de rue. Quant à se dire victimes du système en tant que dominants, cela relève du cynisme et de la mauvaise foi. Il est toujours plus facile d’être un homme : ainsi, même un homme timide et « dominé » n’a pas peur d’être agressé sexuellement dans la rue ou le RER s’il rentre tard. De plus, il est beaucoup plus facile au dominant de se désaliéner, cela ne tient qu’à lui de commencer ce travail !

 

Ce que Zéromacho propose

Zéromacho propose un travail pédagogique contre les stéréotypes sur les hommes et les femmes, une libération des modèles traditionnels et de leurs injonctions sociales qui donnent du pouvoir aux hommes et en enlèvent aux femmes, libération qui a pour finalité des relations femmes-hommes fondées sur l’égalité et le respect.

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