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action #69 Zéromacho à Berlin 22 février 2019

Zéromacho, représenté par Fred Robert, a participé au symposium Human Trafficking in Germany – Demand in Focus (traite des êtres humains en Allemagne — le point sur la demande).

Ce colloque était organisé par Gemeinsam gegen Menschenhandel (Ensemble contre la traite des êtres humains). Il s’est tenu à Berlin les 22 et 23 février 2019, dans le cadre prestigieux de la Fondation Konrad-Adenauer.

Même si, par prudence, le titre ne mentionnait pas la prostitution, tel était pourtant bien le sujet traité.

Les intervenants étrangers venaient de plusieurs pays (outre la France, la Suède ou les États-Unis). La salle était pleine (250 personnes), et le public allemand, en grande majorité féminin, était en moyenne très jeune, ce qui laisse espérer un changement des mentalités.

Il serait temps car la situation allemande est préoccupante. Le nombre d’actes de prostitution est estimé à 1,2 million par jour (oui, vous avez bien lu : 1,2 million par jour), ce qui est cohérent avec le nombre de femmes en situation de prostitution, estimé au minimum à 400 000 ; elles sont surtout originaires d’Europe de l’Est : Roumaines, Bulgares, Hongroises, Moldaves, etc. On imagine l’énorme chiffre d’affaires de ce qui est devenu une industrie florissante, avec des trafiquants (ils préfèrent le mot « entrepreneurs »), riches, puissants et influençant les politiques.

Depuis la loi de 2001, légalisant les bordels, la prostitution est partout dans l’espace public, notamment avec les publicités pour des bordels, présentés comme des espaces de « bien-être ». Elle est ancrée dans les mentalités, où elle est associée à une culture valorisant d’une part, les entrepreneurs, d’autre part l’ordre et l’obéissance.

Cette acceptation sociale de la prostitution a fait de l’Allemagne, de l’aveu même de ses dirigeants, le « bordel de l’Europe », car elle accueille les prostitueurs des pays voisins. En outre, la réglementation des bordels rend l’intervention de la police quasi inefficace : les « employées » (souvent sans papiers) sont très réticentes à l’idée de dénoncer leur « patron » et leurs conditions de travail.

Un petit espoir se dessine, car la successeure désignée d’Angela Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, semble plutôt opposée à la prostitution.

La majorité des militants contre le système prostitueur sont de culture chrétienne et revendiquent cette identité. Ils n’ont pas pris de distance avec le vocabulaire des pro-prostitution, et emploient les mots « travail du sexe » ou « client » (le mot allemand est Freier, dont l’un des sens est « soupirant »).

Le sujet de la prostitution masculine n’est pas abordé.

Dans plusieurs villes, des groupes de militantes ont monté une action originale, « Ich bin kein Freier » (je ne suis pas client) : elles arrêtent des hommes dans la rue, et enregistrent en vidéo leur réponse à la question « pourquoi je ne suis pas client ».

L’intervention de Fred Robert a consisté à rappeler ce qui fait la spécificité de Zéromacho : interroger la demande masculine de prostitution. Payer pour un acte sexuel, cela veut dire coucher avec une femme qui n’éprouve pas de désir.

 

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