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Le réseau Zéromacho présente
« Nous n’irons pas au bois»
Des hommes disent NON à la prostitution

sept. 2011

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La prostitution est-elle un « droit de l’homme » ? Une « liberté des femmes » ? Une réalité inévitable pour répondre aux « besoins irrépressibles » des hommes ?

NON ! Finissons-en avec cette propagande !

Nous, signataires de ce manifeste, hommes de tous âges, origines et conditions, refusons de vivre notre sexualité au travers de rapports marchands. Pour nous, la sexualité est avant tout une relation humaine, vécue dans l’égalité et le respect de l’autre, de sa liberté et de son désir.

Nous vous invitons à agir avec nous
et à dire publiquement
LA PROSTITUTION :
PAS NOUS ! PAS EN NOTRE NOM !

  • NON à ce marché de la misère qui pousse les plus vulnérables à louer leur bouche ou leur vagin !
  • NON à la culture machiste qui utilise la sexualité pour dominer et avilir !
  • NON à des bordels, même homologués par l’État, où des femmes, asservies et exploitées par des proxénètes, sont parquées au service d’hommes !

OUI à la liberté sexuelle !
OUI au désir et au plaisir partagés !

« Libre de se prostituer », entend-on dire. Mais qui « choisit » d’avoir chaque jour plusieurs actes sexuels non désirés avec des inconnus ?
Qui est libre dans la prostitution ? Qui a le choix ? Qui recherche son plaisir sans se soucier de l’autre ? Seulement celui qui a le pouvoir de l’argent.
La liberté que revendiquent des personnes prostituées est illusoire, car elle est contrainte par des proxénètes, par la drogue, par des violences.
Chaque année, le système prostitueur détruit la vie de millions de nouvelles victimes, surtout des femmes et des enfants, souvent parmi les plus pauvres.

Tout homme peut s’affirmer sans nier l’autre,
et s’assumer sans dominer.

En application du principe de l’égalité femme-homme,
nous demandons aux pouvoirs publics de

  • Cesser de pénaliser les personnes prostituées ; développer des actions de prévention sociale, éducative et sanitaire, ainsi que des alternatives à la prostitution, afin de rendre effectif le droit de n’être pas prostitué-e.
  • Réprimer le proxénétisme en cessant toute complaisance envers ses diverses formes (prostitution de rue, bordels, salons de massages, bars à hôtesses, camionnettes, escortes, sites Internet, petites annonces, etc.)
  • Instaurer ou renforcer dès l’école une éducation sexuelle et affective non-sexiste, dans le respect de l’autre, de sa liberté, de ses choix et de ses désirs.
  • Instituer contre les « clients-prostitueurs » une sanction pénale graduée, comme en Suède où cette politique a démontré son efficacité.
  • Refuser de nommer « clients » ces hommes, qui sont plutôt des prostitueurs.

Payer pour avoir accès au sexe, au corps, à l’intimité d’une personne qui n’en ressent aucun désir, n’a rien d’un contrat, lequel se fonde sur la liberté et l’égalité. Ici, la liberté est illusoire et l’égalité bafouée.

Construisons ensemble un monde
où personne n’imaginera
d’acheter l’accès au corps d’autrui,
et où les plaisirs du sexe ne seront liés
ni à l’argent ni à la violence !

Ce monde est possible, et sa construction a déjà commencé.
En 1999, après un demi-siècle d’éducation égalitaire à l’école, la Suède a été le premier pays à pénaliser l’achat de « services sexuels » par les prostitueurs – mais sans réprimer les personnes prostituées. En 2009, la Norvège et l’Islande ont fait de même. Quelques dizaines d’hommes ont été condamnés à des amendes, et l’État aide les personnes prostituées à préparer un autre avenir.
Cette politique est progressiste :

  • les réseaux de prostitution se sont détournés de ces destinations devenues moins rentables (rapport officiel suédois, 2010, voir les références en note de cette traduction française
    http://www.prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-europe/suede-bilan-positif-pour-la-loi).
  • les enfants apprennent qu’on n’achète pas le corps d’autrui. Au contraire, en Allemagne et aux Pays-Bas, où les bordels sont légaux, les garçons savent que des femmes seront mises à leur disposition. Comment peuvent-ils dès lors reconnaître les filles comme des égales. Pour nous, le modèle scandinave, gage d’humanité et de démocratie, représente l’espoir d’un monde sans prostitution.

Quelle Europe allons-nous construire ?
Dans quel monde voulons-nous vivre ?

 Pour signer ce texte, cliquez ici !
Attention : seulement, si vous êtes un homme !


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28 réflexions sur “Français

    • Parce que c’est un réseau d’hommes. D’hommes qui refusent le système prostitueur. Qui refusent d’exercer cette violence, relevant d’un privilège machiste.
      Les femmes jouent un rôle important, en incitant des hommes de leur entourage à signer le manifeste, à s’engager contre le système prostitueur.

  1. « Refuser de vivre ma sexualité au travers de rapports marchands. » Soit. Mais avec quelle alternative ? Sur votre FAQ, votre seule réponse est l’onanisme. Merci bien…
    La prostitution disparaîtra d’elle même quand l’appétit sexuel des femmes aura rejoint celui des hommes. Alors, à quand des sites de rencontre payant pour les dames et gratuits pour les hommes ? A quand des promotions-canapés pour ces messieurs ? A quand des femmes frustrées par leur mari qui « a la migraine » ?
    Pourquoi le plaisir sexuel ne serait-il pas une marchandise comme une autre ? Les salons de massage ne sont-ils pas des lieu où se vend du plaisir délivré à sens unique par un professionnel? Et au cinéma, qu’allons-nous acheter si ce n’est le plaisir de découvrir une histoire, des images ? Et dans les grands restaurants, n’est-ce pas du plaisir que nous achetons à un « grand chef » ? Pourquoi ne pas voir en lui une personne asservie par la domination du rapport marchand lorsqu’il vend son savoir faire plaisir ?
    Pourquoi associer systématiquement la prostitution au proxénétisme, à la drogue, à l’esclavagisme ?

    • La prostitution est associée à l’esclavagisme parce que c’est le l’esclavagisme.
      En prenant un repas dans un grand restaurant, vous ne faites pas de mal physiquement au chef. Au cinéma, vous n’avilissez personne. Dans un salon de massage, aucun masseur ne perd sa dignité.
      Vous demandez quelle alternative vous avez à part les rapports marchands ou l’onanisme…mais à aucun moment vous ne pensez à votre partenaire ? à aucun moment vous ne réalisez qu’il s’agit d’une personne ? j’ai l’impression, à vous lire, que seul votre plaisir entre en ligne de compte. Je paye quelqu’un pour pouvoir prendre mon pied ou je me masturbe… mais dans les deux cas il s’agit de masturbation. Seulement, dans le premier, vous vous servez de quelqu’un comme exutoire, comme sex toy, comme objet.
      Un rapport sexuel est un échange entre deux personnes, et les deux personnes doivent y trouver du plaisir.
      Et, contrairement aux clichés que vous véhiculez, il arrive aux hommes de dire « non » à leurs compagnes parce qu’ils n’ont pas envie. Non, les hommes ne sont pas des animaux en rut toujours disponible à l’appétit sexuel débordant. Non, les femmes ne sont pas de petites choses prudes qui disent « oui » de temps en temps sous l’insistance de leurs conjoints.
      Chaque individus à des désirs, des envies. Le but est de trouver quelqu’un qui partage les mêmes désirs, les mêmes fantasmes pour avoir une vie sexuelle épanouie.

    • Ce que vous souhaitez c’est juste un « vidage de couilles » car dans les rapports tarifés il n’y a pas de préliminaires, pas de baisers, pas de caresses. Il y a juste « combien ? », « quel trou ? », je me vide et bye et les femmes obligées de subir font semblant et surtout font le maximum pour que le mec éjacule très vite et se barre. Moi que les vois et leur parle quand elles sortent des voitures, je peux vous dire qu’elles crachent, vomissent et injurient tous les mecs, la moitié voulant une pipe, si possible sans préservatif, avant de rentrer chez bobonne et n’ayant même pas pris le soin de se laver.

    • Un commentaire bien écoeurant. Comparer l’accès à l’intimité d’une personne au fait de s’attabler dans un restaurant , là c’est le summum ..

  2. Bonjour Lucie, bonjour Chaumet.
    Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de me lire et de me répondre: ce sujet est assez sensible, il attise rapidement les invectives, les insultes, les attaques personnelles. Je suis content d’avoir trouvé des esprits éclairés qui peuvent exposer leur point de vue, amener des arguments, bref dialoguer. Merci à vous deux.
    L’esclavagisme est un système dans lequel certains individus sont la possession d’autres individus. Ceux-ci les possèdent comme on possède des objets; ils peuvent les vendre, les échanger. Les droits des deux groupes ne sont évidemment pas égaux; on trouve parfois même le droit de vie et de mort sur l’esclave. J’y associe pour ma part (peut-être à tort) la contrainte physique (enfermement, chaînes, privations du passeport, ou simplement menaces de répression physique). Je ne vois donc pas en quoi la prostitution se rapproche de l’esclavagisme. Le proxénétisme, la traie des humains, -et peut-être même la construction de stades de foot au Qatar- sont directement liés à l’esclavagisme. Oui. Mais la prostitution ? Ne peut-on imaginer une activité professionnelle, encadrée par la loi, protégée par la santé publique, qui serait basée sur la procuration d’un plaisir sexuel contre une rémunération?
    Lucie me dit qu’un rapport sexuel doit apporter un plaisir réciproque aux deux partenaires. Pourquoi ? N’est-ce pas là un a priori bien limitant ? Pourquoi deux partenaires? Pourquoi le plaisir doit-il être réciproque ? La plupart des musiciens ont du plaisir à jouer de la musique. D’autant plus lorsque le public est nombreux et réactif. Pourtant, il existe un lien pécuniaire entre le public et l’artiste, et l’acheteur vient bien acheter une prestation artistique qui lui procure du plaisir. A aucun moment, lorsque vous achetez votre entrée au Zénith, vous n’exigez que l’artiste ait du plaisir. Le plaisir du vendeur n’entre absolument pas en ligne de compte. Pourquoi en serait-il autrement dès qu’il s’agit de sexe?
    Peut-être mon point de vue sur la libido féminine et la comparaison à celle de l’homme vous semble-t-il relever du cliché. C’est pourtant bien ma perception de la réalité, et je persiste à dire que la pornographie, les sites de rencontre, les boîtes de nuit, les lieux coquins/libertins ont une clientèle très majoritairement masculine. Et je remarque infiniment plus d’hommes se retournant dans la rue pour suivre des yeux une jolie silhouette de femme que le contraire. Si ce sont des clichés, ce sont néanmoins des réalités qu’à mon avis, il est intéressant de considérer; les ignorer me semble découler d’une démarche ignorant le principe de réalité. Dans l’utopie que vous appelez de vos voeux, ni la prostitution ni les écarts gendrés que je décris n’existent. Je vous rejoins là-dessus. Par contre, nier que dans notre monde, les deux sont présents, me semble intellectuellement malhonnête.
    Vous proposez que chacun trouve un partenaire qui partage les mêmes désirs et fantasmes. Oui, certes, ce serait mieux. Mais quand, globalement, les hommes ont des désirs et des envies bien plus nombreux et appuyés que les femmes, comment gérer le déséquilibre ? J’y vois -assez sérieusement- deux options: soit en limitant la libido masculine. Et donc, me semble-t-il, en réduisant leurs envies, peut-être leur stimulations, et donc en réduisant le sex-appeal des femmes, peut-être comme certains musulmans le proposent. Ou encore avec des cachets genre camisole chimique. En doses massives à toute la population. Soit en cultivant et en décuplant la libido féminine, en apprenant aux hommes à être sexy, et en dissociant les relations sexuelles des relations amoureuses. Peut-être alors l’épanouissement sexuel de la population serait telle que la prostitution s’éteindrait d’elle-même, privée de clients!
    Pour répondre à Chaumet, je voudrais aussi ajouter qu’il a une vision assez étroite des rapports tarifés. Pourquoi n’y aurait-il pas de préliminaires ? Peut-être pour une question de coût, oui, mais rien d’autre! J’imagine très bien un client payant également pour cela ! Vous évoquez le dégoût que certaines professionnelles peuvent éprouver. C’est malheureusement le cas pour un grand nombre de métiers (je pense aux éboueurs, aux égoutiers, à certaines catégories de services à la personne…). Interdire une activité car ceux qui l’exercent en sont dégoutés me semble infondé.
    Pour me résumer: il me semble que l’un comme l’autre, vous dites que le sexe payant ne forme pas partie du développement serein des relations de couples entre deux amoureux. Et c’est vrai! Je vous rejoins parfaitement! Dans un couple, le sexe n’est pas payant, le plaisir est réciproque, il y a (souvent?) des préliminaires, il n’y a pas dégouts de l’autre. Mais est-ce là la seule façon d’imaginer avoir du plaisir sexuel avec quelqu’un ? J’ai l’impression que vous dites: tout ce qui sort de ce cadre, c’est mal. Il faut l’interdire. C’est là que mon point de vue diverge. Dans notre société, les hommes et les femmes ne manifestent pas du tout le même appétit sexuel. Soit nous changeons la société pour rééquilibrer ces appétits, soit nous permettons de répondre à ces appétits par d’autres solutions que le couple. Qu’en pensez-vous?

    • bonjour,
      je vais essayer de répondre à vos nombreuses interventions;
      1 – lorsque vous comparez le fait de payer pour aller à un concert et le fait de payer une prostituée, sachez qu’écouter de la musique et utiliser le corps d’une personne, ce n’est pas la même chose.
      2 – lorsque vous dites que la prostitution, ce n’est pas de l’esclavage sexuel, vous pensez certainement que toutes les prostituées sont libres de leur choix mais, hélas non. Soit elles sont contraintes par des réseaux internationaux très puissant (des femmes à qui l’on prend les papiers et que l’on emmène dans un pays où elles ne parlent pas la langue), elles n’ont pas d’autre choix et savent qu’elles ne peuvent rien dire sous peine de perdre la vie. D’autres sont victimes de leur passé, un psychiatre a fait une étude sur plusieurs prostituées ou sur des personnes qui font des films pornographiques, plus de 80 % de ces personnes avaient été agressées sexuellement dans leur enfance. Il faut que vous sachiez, Monsieur, qu’un enfant victime d’agression sexuel dans l’enfance, oublie ce traumatisme (déni post traumatique) et s’il n’a pas la chance de rencontrer les bons professionnels qui pourront l’aider à retrouver la mémoire, il va grandir avec le dégoût de son corps qui ne lui appartient plus (dissociation corporelle). Lorsque vous irez payer une prostituée, sachez que c’est certainement une victime qui rejoue son traumatisme, qui à travers l’acte se fait mal, utilise ce corps qu’elle déteste, qui ne lui appartient plus depuis longtemps, ce n’est en aucun cas du plaisir, en dehors de celui d’être payée.
      Pour que la prostitution disparaisse, pour que notre société ait de l’empathie envers ces victimes, la seule solution c’est que les hommes ne soient plus dans le déni, qu’ils ne s’imaginent plus comme vous que c’est un échange de plaisir ou de service. Si vous êtes d’accord d’ouvrir les yeux et de rejoindre ces hommes qui militent pour l’arrêt de cet esclavage, prenez contact avec des associations nationales comme celle du NID, vous pourrez rencontrer des anciennes prostituées qui ont retrouvé la mémoire de leur passé traumatique et qui pourront vous parler de leurs années de souffrance lorsqu’elles étaient prostitués. Mon témoignage est celui d’une professionnelle qui a eu la chance de pouvoir suivre des formations mises en place par cette association. Aujourd’hui, en France, dans notre Pays des Droits de l’Homme, il n’est plus acceptable de croire que la Prostitution est un service. Merci Monsieur d’ouvrir les yeux. Cordialement.

  3. julien….être éboueur et se prostituer ce n’est définitivement pas la même chose. Les éboueurs n’ont pas de raisons particulières de développer du stress post-traumatique à cause de leur métier. Va au bois, deviens une marchandise et dis moi comment tu te sens après avoir fait l’amour à des femmes que tu ne désires pas . Je te parle pas de nathalie portmann. Non non mais des femmes moyennes, pas forcément séduisantes, des susan Boyle….Tu m’en diras des nouvelles. Et puis une bonne fois pour toutes faut stopper avec l’idée que les hommes ont du mal à se retenir. Tous les hommes qui ne font pas l’amour deviennent pas des violeurs en puissance faut arrêter. C’est triste, je souhaite à tout le monde d’avoir une sexualité épanouie mais je vois pas pourquoi ces femmes devraient supporter ça. Les femmes ne sont pas des exutoires et puis faut avoir envie de participer à cette comédie sordide, payer une femme qui va faire semblant de te désirer alors qu’elle te méprise sans doute au plus profond pendant que tu la pénètres. C’est dégueulasse c’est tout.

  4. Bonjour Mamie Cocotte,
    Moi ? Faire l’amour à des femmes que je ne désire pas ? Pourquoi pas. Sauf qu’aucune femme ne ma payerait pour lui faire l’amour. Et ce n’est pas parce que je suis un laideron: c’est simplement parce que les femmes -du moins dans notre société- n’ont pas assez envie de relation sexuelle pour envisager la payer. Toujours une histoire d’offre et de demande: les hommes veulent du plaisir sexuel, pas les femmes. Alors les hommes cherchent, vont sur des sites de rencontre, et sont prêts à débourser des fortunes pour leur plaisir. Et pas les femmes. Alors pourquoi les femmes ne profiteraient-elles pas de ce déséquilibre ? Au fond, je ne vois pas le mal à cela. Est-ce dégueulasse, les relations sexuelles ? Moi je trouve ça super ! Récurer la merde, ca oui c’est dégueulasse. Et je veux bien payer quelqu’un pour le faire à ma place. Par contre, faire l’amour, non a priori ca ne me dégoûte pas. Je veux bien. Et j’accepte même de payer pour cela, tellement c’est bon. Comédie sordide ? Peut-être… Mais n’est-ce pas le cas des masseurs, par exemple ? Voir même de certains artistes qui, à la fin de leur carrière, font leur prestation pour le cacheton uniquement ?

  5. Julien, vous appelez « faire l’amour » un acte sexuel avec une personne payée que vous ne connaissez pas et qui ne souhaite qu’une chose, l’argent qu’elle devra remettre à son proxénète. « Faire l’amour » dites-vous alors qu’il n’y a pas de parole, pas de baiser, pas de caresse, juste un vidage de couilles !! c’est bien triste cette idée de l’amour. Quant à affirmer que les femmes n’aiment pas faire l’amour, je peux vous assurer du contraire mais nous, nous ne voulons pas imposer à un mec que l’on ne connait pas et qui ne nous désire pas, un cunnilingus ou tout autre chose. On a besoin de lire dans les yeux du ou de la partenaire le désir. Non le sexe n’est pas sale, c’est l’argent qui l’est et qui fausse tout. C’est si bon quand les deux partenaires ont du désir et qu’ils prennent aussi du plaisir à voir l’autre en prendre. Tout cela n’existe pas dans la prostitution. Si vous pouviez entendre ce que les personnes en situation de prostitution disent des « clients », cela vous arrêterait net : « Quel porc, il puait et voulait une pipe sans préservatif », « il m’a encore parlé de sa femme », « il ose me demander si c’était bien », elles crachent, vomissent leur dégoût et leur écœurement.
    Je le sais car je vais à leur rencontre la nuit et elles nous disent « vous êtes les seules personnes à nous parler comme à des être humains », les autres ne nous disent ni bonjour ni au revoir, juste combien pour quel trou …

  6. Bonjour Chaumet,
    encore une fois vous associez prostitution et proxénétisme. Je suis 100% d’accord avec l’idée d’interdire le proxénétisme, qui est déjà un crime aux yeux de la loi française. N’en parlons plus; ceci vient à mon avis polluer notre discussion sur la prostitution.
    De nouveau également, vous dites « pas de baiser, pas de paroles, pas de caresses ». Pourquoi? La prostitution l’interdit? Je ne peux pas caresser une prostituée? Je ne peux pas l’embrasser? Je ne vois pas en quoi l’idée de prostitution interdit les caresses et les baisers. Au contraire, je suis prêt à payer également pour cela, même sans sexe. Et je pense que je ne suis pas le seul.
    Si, je maintiens que « chez nous », les femmes sont beaucoup moins attirées par le sexe que les hommes. Sinon, il y aurait autant d’hommes prostitués que de femmes prostituées. Sinon, les sites de rencontres seraient payant et pour les hommes et pour les femmes, et idem pour les boîtes de nuit. J’ai l’impression que vous niez une réalité.
    Oui, c’est sans doute mieux quand les partenaires se désirent mutuellement, se regardent dans les yeux, sont amoureux et trouvent du plaisir dans le plaisir de l’autre. Mais ce n’est pas la seule façon d’avoir du plaisir sexuel. Votre vision est incroyablement réductrice!
    Je ne force personne à se prostituer; et je n’imagine pas qu’on puisse forcer quelqu’un à se prostituer. Si c’est si dégoûtant, pourquoi continuer ? C’est dégoûtant de nettoyer les latrines publiques. Et beaucoup de personnes refusent ce travail. Je comprends très bien que quelqu’un refuse de se prostituer; je ne veux pas non plus en faire la norme des relations sexuelles. Seulement une possibilité, pour les personnes qui souhaiteraient se prostituer, et pour les clients qui voudraient en profiter. Qu’on ne force personne! Ni à se prostituer, ni à se priver de prostitution!
    Si la profession était mieux encadrée, peut-être y aurait-il moins (plus du tout?) de proxénétisme, de drogue, de violence contre ces professionnelles laissées à elles seules sur le trottoir. C’est à mon avis cette absence de pouvoirs publics, ce voile pudique et honteux qui empêche de voir et de prendre des décisions, qui met les prostituées dans une situation de danger permanent. Protégeons les prostituées; ne les interdisons pas. Et luttons tous pour une société plus équilibrée en termes de sexualité épanouie. Alors: faut-il brider la libido masculine ou décupler la féminine ?

    • Julien ce n’est pas vrai que la libido de femmes est inférieure à celle des hommes. Dans mon cas et beaucoup de mes copines on a envie de faire l’amour plus souvent que nos copains. Il est rare de trouver des hommes que puissent faire l’amour tous les jours, les femmes on peut et plusieurs fois sans problèmes. On se masturbe aussi et beaucoup on n’utilise pas le porno parce que c’est violent et traite aux femmes comme de morceaux de viande et il n’y a aucun passion ni connexion avec son partenaire, et à beaucoup de femmes ça nous dégoute. Donc ta justification de la libido pour cautionner la prostitution n’a aucun sens. Des femmes que cherchent qu’un coup d’une nuit il y a plein, il faut seulement prendre le temps d’aller chercher et d’être quelqu’un assez intéressant comme pour partager un moment avec toi. Bien sûr c’est plus facile payer et ne pas penser à c’est que l’autre personne soufre. Peut-être si tu avais plus d’empathie et des connaissances sur les femmes tu serais plus attirant pour notre genre et tu n’aurais pas besoin d’aller payer.
      Bravo aux hommes qui ont créé cette page, il est fondamental que les hommes s’impliquent dans la lutte pour l’égalité homme-femme. Muchas gracias!!

  7. Hola Almudena.
    Si, c’est vrai que la libido des femmes est moins forte que celle des hommes. Sinon, les boites de nuit seraient payantes également pour les femmes; les sites de rencontre aussi. Et il y aurait autant de prostituées hommes que femmes.
    Vous dites qu’il est rare de trouver des hommes qui font l’amour tous les jours ? Je n’en sais rien. Avez-vous des chiffres, des statistiques ? Il me semble avoir lu quelque part qu’environ 10% des hommes avaient une éjaculation par jour (désolé, je n’ai plus la référence).
    Et je ne suis pas le seul à penser ainsi: « Il est assez rare qu’une femme, en consultation, dise qu’elle est embêtée car elle est accro au sexe. Car en général quand elle a envie de faire l’amour tous les jours, elle trouve assez souvent des partenaires pour pouvoir le faire tous les jours. Ce qui est moins le cas lorsqu’il s’agit d’un homme. » Dr Sylvain Mimoun.
    Sur http://www.masexualite.ca/ , on trouve des statistiques sur la masturbation qui montrent un net déséquilibre homme/femme. L’Inserm confirme: « 90 % des hommes et 60 % des femmes disent avoir pratiqué la masturbation. Une pratique régulière est présente chez près de la moitié des hommes de moins de 40 ans. »
    Une grande enquête NHSLS réalisée aux États-Unis dans les années 1990 montre également que les hommes se masturbent plus que les femmes.
    Je ne pense donc pas que « toi et tes copines » soient représentatives; vos copains ont bien de la chance d’être avec vous! Et j’imagine qu’ils ne ressentent pas de frustration sexuelle et qu’ils ne sont donc pas clients de la prostitution. Bravo !
    Mais dans l’ensemble, ce n’est pas le cas. Les hommes expriment beaucoup plus de désirs sexuels que les femmes. Alors que faire:
    – leur « désapprendre » leurs envies (dé-érotisation du corps de la femme, donc pas de mini jupe, pas de maquillage, pourquoi pas le voile intégral), voir même bridage artificiel (pourquoi pas une camisole chimique dans l’eau potable et la bierre?)
    – exalter la sexualité féminine pour qu’elle « rattrape » la masculine. Avec bien sûr, plus d’érotisation du corps des hommes; offrir des poupées aussi aux garçons, et leur apprendre à être beau.
    Pour en revenir à ce que vous écrivez: vous n’utilisez pas le porno car il n’y a presque pas de porno féminin car il n’y a pas de marché. Le porno répond à une demande, il ne la crée pas! Manifestement, les hommes aiment voir ce genre de films, sinon ils n’existeraient pas. Pourquoi les femmes n’ont-elles pas créer une industrie du film sexuel non violent pour les femmes ? Car cela ne les intéresse pas assez. C’est la demande qui crée le marché.
    « Des femmes qui chercher qu’un coup y’en a plein »? Faux. sinon, « adopte un mec » ou Gleeden les feraient payer au lieu de faire payer les « mecs » qu’elles sont sensées y consommer…
    Enfin à propos de la prositution: C’est en tuant le marché que la prostitution disparaîtra; pas en l’interdisant. L’interdire, ca va sans doute la limiter, mais également la marginaliser encore plus et rendre la vie de certaines femmes encore plus infernale. Quand on a interdit l’esclavagisme, on n’a pas empêché les gens de travailler. Au contraire, on a encadré le travail, inventé des syndicats, les congés payés, les 35 heures… autant d’organes publics qui permettent de protéger les faibles contre l’exploitation.
    Pour moi, il y a mieux à répondre à cette pression du marché, tout en protégeant les individus. Et, comme lame de fond pour changer la société, éduquer nos enfants pour que eux ne se posent plus ces questions. Avec des femmes et des hommes plus libres et plus épanouis dans leur sexualité.

  8. Julien : vous avez parfaitement raison quand vous écrivez « C’est en tuant le marché que la prostitution disparaîtra; pas en l’interdisant. » La prostitution n’est pas interdite et ne le sera pas en France, relisez le texte de la Loi. Par contre, étant donné que 95% des personnes en situation de prostitution sont victimes de la traite des êtres humains, il est indispensable de responsabiliser le « client » afin que la demande se tarisse et que les trafiquants arrêtent d’enlever des êtres humains (essentiellement femmes et enfants) pour le pseudo plaisir masculin.

  9. Bonjour André. Je ne comprend votre subtilité sémantique: la prostitution n’est pas interdite, mais la consommation de prostitution l’est. C’est bien cela? Alors cela revient à peu près au même, non ? Elle ne disparaîtra donc pas, et sera plus marginalisée. Sans donner aucune réponse au déséquilibre que je mets en avant. Mais si personne ne veut admettre ce constat, continuons à nous voiler la face !
    Moi je pense que c’est en encadrant une pratique qu’on la contrôle, qu’on l’assainie. Et je pense également que c’est un héritage puritain qui nous empêche de concevoir une prostitution saine. Laissons la prostitution dans les caves, dans les rues sombres et obscures, cela conviendra parfaitement aux proxénètes et aux trafiquants d’êtres humains. Moi j’imagine qu’on pourrait plutôt leur envoyer l’URSAFF et l’INRS …

  10. Julien, c’est vraiment terrible de vous lire: vous n’êtes absolument pas réceptif à ce qu’a écrit, entre autres, CHAUMET et que je copie/colle ici:

    Si vous pouviez entendre ce que les personnes en situation de prostitution disent des « clients », cela vous arrêterait net : « Quel porc, il puait et voulait une pipe sans préservatif », « il m’a encore parlé de sa femme », « il ose me demander si c’était bien », elles crachent, vomissent leur dégoût et leur écœurement. Je le sais car je vais à leur rencontre la nuit et elles nous disent « vous êtes les seules personnes à nous parler comme à des être humains », les autres ne nous disent ni bonjour ni au revoir, juste combien pour quel trou.

    L’avez-vous lu ? Faites-vous preuve d’un peu d’empathie ?

    Vous confondez liberté dans la sexualité, aimer faire l’amour, « baiser » avec qui on veut y compris avec des partenaires d’un soir, multiples et plus encore, aimer dominer et être dominer, inventer… mais toujours entre adultes consentants qui en retirent du plaisir à un moment ou à un autre, ou qui CHOISISSENT de ne pas en donner ou de ne pas en recevoir, vous confondez tout cela (et vous pensez , en plus, que nous sommes en majorité des prudes !) avec le fait d’avilir une personne qui est obligée de se soumettre à vos désirs et qui vous joue la comédie du plaisir. (Ah.. vous pensiez peut-être qu’elle en avait, du plaisir ?..).

    Pour rebondir sur ce qu’a écrit MAMIECOCOTTE :
    Julien, isolez-vous, coupez votre téléphone, concentrez-vous et visualisez la situation, respirez lentement et imaginez-vous ainsi : vous êtes en string sous votre pantalon qui moule vos fesses et votre sexe, au-dessus un débardeur aguichant, il vous faut passer votre langue sur les lèvres toutes les minutes et garder le regard langoureux, la main qui glisse partiellement dans le slip, en vous trémoussant juste ce qu’il faut pour attirer la cliente, pour ne pas qu’elle choisisse le prostitué d’à côté. Une voiture s’arrête, une femme vous dit  » Alors mon beau, en forme ? ». Pas à votre goût comme la plupart du temps mais tant pis: il vous faut payer le loyer, vous l’emmenez dans votre antre. Trop vielle, et une tête de plus que vous. Elle vous reluque de près, son odeur vous importune, ben non, elle ne s’est pas lavée… Elle demande: « tu prends combien pour un cunilingus ou deux ? A moins que ta pauvre bite soit encore en état ?! » – et oui, c’est déjà la 11ème femme qu’il vous faut lécher, et il va y en avoir encore 20 au moins, si ça marche pour vous……. Alors voilà, c’est fait….. Nouvelle cliente……Ah, elles sont deux….Encore elles….Elle payent bien mais bon…..Elles vous trouvent bien roulé mais ce n’est pas réciproque. (Oui mais enfin, votre opinion, elles s’en tapent royalement). L’une vous attrape la tête pour un cunilingus pendant que l’autre vous enfile avec un sex toy, elles se marrent ! C’est interminable, elle remplace le sex toy par autre chose, vous ne voyez pas de quoi il s’agit, c’est brutal…, elle tripote aussi votre pénis amorphe en rigolant, elles s’en donnent à coeur joie, elles en veulent pour leur fric : ça vous fait mal mais vous devez simuler le plaisir, ça fait partie du métier ! Vous accompagnez ce qu’elles vous imposent sans relâche par des « soupirs de désir » (ça, vous savez faire semblant, vous êtes un pro !). A un moment vous leurs dites qu’elles sont géniales et que c’est avec elles que vous vous éclatez le plus, que vous prenez votre pied, que vous ne simulez pas. Le discours que vous répétez tellement souvent…ça les enchantent, elle y croient ! Elles vous racontent qu’elles s’ennuient un peu avec leurs maris, mais que pour rien au monde elles ne quitteraient la vie de famille: heureusement que vous êtes là, ça les défoule: vous êtes le poupon gonflable idéal !…Surtout quand elles sont les premières arrivées et que vous pouvez encore être en érection : à votre âge, c’est difficile sans le désir, mais vous pouvez faire ça 2, peut-être 3 fois par 24 heures: vous pensez à autre chose, vous utilisez des images dans votre tête pour y parvenir, c’est épuisant…et ça ne va pas s’arranger avec le temps…. et ces femmes qui elles n’ont aucune limite: la nature est mal faite ! Allez, c’est juste un sale moment à passer, ensuite vous aurez 5 minutes pour souffler un peu, vous rincer la bouche, vous cautériser l’anus et tenter d’oublier ce que ces folles vous ont fait subir. Vous avez mal au coeur, vous êtes dégoûté, humilié, mais vous continuez, toujours et toujours, et avec le sourire ! Trémoussez-vous à nouveau, une autre voiture arrive: que va-t-on vous demander ?…. Peut-être que celle-ci sera gentille, ça arrive parfois…rarement….Vous n’en pouvez plus, c’est dégoutant tous ces sexes que vous ne désirez pas: c’est pas compliqué, vous ne bandez même plus…Toutes ces fesses qui s’ouvrent sur votre figure…vous ne ressentez aucun désir, ça pue, ça a mauvais goût, vous voulez vous extraire de la scène, dissocier votre corps et votre mental pour ne pas craquer, pour ne pas hurler, pour ne pas devenir fou. Mais vous tenez bon, c’est votre quotidien, et celles qui viennent vous voir ne comptent pas s’en passer. Vous vous consolez en pensant que ça pourrait être bien pire: vous pourriez subir l’assaut de 3 ou 4 femmes en même temps, toutes aussi « subtiles » les unes que les autres, ou tomber sur des cinglées sadiques, ça existe.. ou subir un ou des types en rut… ou avoir 15 ans, ou avoir 10 ans, ou avoir 5 ans… Finalement vous n’êtes pas si mal dans votre fourgon à l’orée du bois et en France. Vous vous demandez si la légalisation serait une bonne chose: ce serait encadré, vous auriez la sécu et la mutuelle certes, mais il y aurait toujours autant de personnes peu désirables qui vous imposeraient leur libido et leurs fantasmes, sans jamais vous demander votre avis…Vous auriez toujours autant la nausée………………………Tiens, une voiture s’arrête …………………………………………………. …………………………………………………………………………………………………………………………..
    …………………………….à 3, vous allez vous réveiller……………………………………………………. ……………………………………….1……….2……….3 ! …. Alors, heureux ??!!

  11. Bravo, Lola. Vous, vous savez écrire. Je m’y serai cru. (sans ironie). Et ce n’est effectivement pas beau à imaginer. Ceci dit, ce n’est pas ce que j’imagine dans le prostitution. Ce n’est pas ce que je défend.
    Quand on va à la piscine, on prend une douche; c’est obligatoire. Pourquoi ce ne serait pas pareil dans la prostitution ? Si c’était encadré, avec des règles, un contrat, et un lieu, il me semble que ce serait possible.
    Dans les salons de massages, il est interdit de porter la main sur les masseuse. Le client qui fait cela est gentiment prié de s’en aller sur le champ. Pourquoi ne peut-on imaginer le même concept pour des « prosituteurs » (je me mets à utiliser votre langage🙂 ) qui feraient mal à la professionnelle?
    Quand un acteur rie au cinéma, ca me fait rire souvent. Ou quand il pleure, j’éprouve une émotion. Pourtant il fait semblant. Est-ce un problème ? Pourquoi n’est-ce pas le même phénomène avec une prostituée qui ferait semblant d’avoir du plaisir pour que son client en ait?
    Dans une grande partie, je suis d’accord avec vous: la situation des prostituées aujourd’hui est abominable. Ce qu’elles vivent à l’air affreux, insoutenable. Et je ne le soutiens pas. Cependant j’essaye de voir ce qu’on pourrait faire d’autre; et il me semble qu’il y a une alternative à l’abolition. C’est dans l’encadrement public que je la trouve. Je fais un parallèle peut-être osé: à la Cour du Roi, il y avait bon nombre de courtisanes, qui « gagnaient leur vie » grâce à leurs talents sexuels. Dans les représentations qu’on s’en fait aujourd’hui, elles ne paraissaient pas si mal loties! Et les escorts qui choisissent leurs clients, leurs horaires et fréquence de travail, leurs tarifs (exorbitants !), est-ce si mal?
    Maintenant, je constate qu’aucun d’autre vous ne répond à la problématique que je soulève quand je mets en avant que la libido masculine est beaucoup plus intense que celle des femmes. Pourquoi cet état de fait, ce déséquilibre entre les hommes et les femmes? Comment rééquilibrer ceci ? D’ailleurs, faut-il le rééquilibrer ou devons-nous assumer cette différence ?

  12. Bonsoir Julien,

    D’abord une précision : je suis un homme.

    1) Ensuite une question : vous affirmez que les hommes ont une libido bien plus développée que celle des femmes. Or vous n’en présentez comme preuves que des faits sociaux qui, en réalité, ne démontrent nullement un fait biologique / physiologique, mais qui ne sont que des signes de la domination masculine, c’est-à-dire du POUVOIR des hommes sur les femmes.

    Et précisément, le viol n’a pas d’abord pour objectif l’assouvissement d’un désir sexuel, mais l’assouvissement d’un désir de pouvoir que la « socialisation viriliste » (être éduqué « comme un homme », en d’autres termes) instille souvent profondément dans le psychisme des hommes (et d’ailleurs pas seulement la « socialisation viriliste » mais parfois aussi, en tout cas en complémentarité, la violence éducative).

    Je m’avancerais à dire qu’on pourrait retrouver de telles asymétries dans une société matriarcale (matriarcale non pas au sens de certains fantasmes exotico-ethnographiques, mais au sens d’une « inversion » du patriarcat, conduisant à la « mise à disposition » des hommes pour les femmes, dans les sphères du travail gratuit – tâches ménagères, élevage des enfants, support psychologique, etc. -, et de la sexualité par exemple).

    Donc pouvez-vous étayer l’affirmation centrale de votre raisonnement par des éléments de preuve de nature scientifique (c-à-d des études comparatives de la physiologie sexuelle des hommes et des femmes), au lieu de vous en tenir à des pseudo-preuves qui, en réalité, n’en sont pas ?

    Je n’ai pas abordé non plus la construction culturelle de la libido masculine, qui serait un sujet en soit. Bien évidemment, si un individu éduqué comme un homme se voit inculquer dès le plus jeune âge l’idée qu’il sera une sous-merde s’il n’est pas viril, donc s’il n’a pas une femme au bout de sa bite a plus ou moins brève échéance à tout moment, cette idée a de fortes chances d’influer profondément sur sa propre perception de soi, sur ses sensations et impulsions quant aux façons appropriées de renforcer son estime de lui-même, etc. Cela peut donner l’impression d’être « naturel », donc « biologique » du simple fait que c’est en réalité « hégémonique » dans la société où cet homme (vous, par exemple) vit.

    Ce que je dis vaut bien évidemment au moins autant pour la libido féminine, sinon plus encore, vu les multiples répressions directes ou indirectes de leur sexualité que subissent les femmes et que notre culture véhicule et perpétue.

    Et pour ce qui est de la preuve scientifique, il est intéressant pour le sujet de savoir que les organes sexuels féminins et la sexualité féminine sont historiquement bien plus tardivement et bien moins (et peut-être moins bien aussi, je ne sais) étudiés que la sexualité et les organes sexuels masculins. Donc pour la comparaison scientifique de la libido des « deux » sexes, ça risque en plus d’être coton…

    2) De toute façon, à la limite, savoir s’il y a ou non une part de réalité biologique / physiologique à votre affirmation comme quoi il y a un déséquilibre de libido entre hommes et femmes est assez peu crucial.

    En effet, vous oubliez bizarrement de mentionner simplement la 3e solution au problème dont vous affirmez l’existence.

    Vous envisagez d’éduquer les hommes à dé-érotiser les femmes, ou bien les femmes à développer leur libido.

    Comment se fait-il que vous n’ayez apparemment pas pensé à cette autre éducation : éduquer les hommes à la prévalence de la justice et du respect de l’autre, y compris l’autre de sexe féminin, en tant qu’être humain, en tant que sujet, en tant qu’elle est une fin pour elle-même, et non un moyen pour tel ou tel sujet masculin ? éduquer les hommes à relativiser la légitimité de leur désir sexuel et la légitimité qu’il y aurait à l’assouvir en humiliant l’humanité d’une autre personne par le seul fait de l’utiliser comme objet (même si cette personne y consentait authentiquement sans que son consentement soit pré-déterminé par des conditions socio-économiques défavorables) ? éduquer les hommes à accepter la notion que l’on ne s’avilit pas soi-même en ne satisfaisant pas tous ses désirs, mais qu’au contraire c’est l’une des caractéristiques de la liberté et de la maturité que de ne pas s’abaisser à faire tout ce qui nous traverse la tête – ou la queue ?

    • Bonjour Xavrab,
      1) Je ne me place absolument pas d’un point de vue biologique: je n’ai aucune idée du fonctionnement organique, physico-chimique ou autre de la sexualité humaine. Je ne sais pas en quoi j’ai pu vous laisser croire le contraire. Quoi qu’il en soit, je me place bien dans notre société occidentale, en France, au début du 21ème siècle, et je constate que la libido masculine est beaucoup plus puissante, développée, exprimée, assumée, que son pendant féminin. Je crois que finalement nos avis (à vous et moi) sont très semblables sur cette question.
      2) je comprends bien votre troisième solution. Élever son âme, rejeter les plaisirs sexuels qui nous avilissent, mûrir et atteindre la liberté à travers l’abstinence. Oh oui! D’autres y ont pensé et ont embrassé une carrière dans le clergé. (d’ailleurs parfois avec des conséquences désastreuses pour les enfants dont ils pouvaient avoir la charge…).
      Au contraire, je pense qu’on peut respecter l’Autre féminin, en assumant la différence de libido qui régit notre société actuelle. En particulier dans le couple et la rencontre entre individus dans un contexte social normal. N’est-ce pas cela, le vrai respect de femme ? Accepter sa différence avec l’homme du point de vue sexuel?Au lieu de mentir haut et fort que la sexualité féminine est égale à celle de l’homme?
      Par contre, je pense que ce respect de la femme et de sa libido modeste doit s’accompagner du respect également de l’homme et de sa forte libido, en compensant le déséquilibre par un accès plus libre à une sexualité hors couple, hors sentiments. Si j’ai bien compris vos argumentaires, en général, je me risque à les résumer ainsi: le sexe, c’est bien entre deux partenaires qui se « trouvent », qui élèvent leur âme et leur conscience ensemble, bref, dans le couple. On se rencontre, on discute, on se plaît, on se trouve intéressants, on se désire mutuellement, on a de l’empathie réciproque, alors on peut avoir des relations sexuelles. Moi je trouve cela terriblement réducteur, très limitant, et basé sur 2000 ans de christianisme (en gros: pas de sexe hors mariage). Moi je trouve cela beau et bon le sexe, même avec une inconnue; et je suis un peu triste des discours qui associent les relations sexuelles aux mots avilir, esclavage, domination, dégoût, viol, abomination, répugnant, subir, vomi, faire/avoir mal, indigne, sordide, dégueulasse, porc, écœurement,…
      Moi ce qui me vient à l’esprit, c’est plaisir, douceur, chaleur, excitation, extase, détente, satisfaction, tendresse, câlin. Ne peut-on imaginer une activité professionnelle qui propose tout ceci, sans l’associer à cela ?

    • Merci Xavrab, vous avez parfaitement résumé ce que je me tue à dire depuis des années. Marre des commentaires sur la pseudo libido masculine irrépressible des mascus. Et quand bien même cette libido serait supérieure, ce ne serait pas une raison pour réduire les femmes à l’état d’objet. Ni à les voiler, ce qui, contrairement à ce qu’affirme stupidement Machin, revient justement à les érotiser. D’ailleurs, statistiquement, c’est dans les pays où les femmes sont voilées qu’il y a le plus de viols. Justement parce que elles sont réduites à une fonction sexuelle.
      Parce qu’une bonne fois pour toutes, c’est pas aux femmes d’assumer les défauts des hommes. Donc que ces derniers évoluent un peu et s’assument eux-mêmes plutôt que de se servir des femmes comme de défouloir à leurs vices.

      • Et les hommes sont conditionnés par le genre auquel ils sont associés, à l’idéal-type de la virilité. Ils ont le sens imposé du loisir et de la compétition, alors que leur compagne aura le sens imposé du devoir et du soin. Donc leur désir leur demande capacité d’obtenir satisfaction — autant que « maîtrise en certaines circonstances ». Ainsi se fabrique leur gestion de leur libido. Et c’est ce conditionnement qu’il faut renverser. Nous y avons tous intérêt. Et tous les compromis seront des petites défaites…

  13. Julien, pour vous citer : « …ce n’est effectivement pas beau à imaginer. Ceci dit, ce n’est pas ce que j’imagine dans le prostitution » —> ce n’est pas ce que vous imaginez, mais c’est ce qui se passe dans la réalité, hélas.
    J’ai pas mal voyagé en Thaïlande, et j’ai beaucoup parlé avec des prostituées : une fois, j’ai vu 4 jeunes filles sur une plage, accompagnées de 4 italiens de 25/30 ans, beaux gars, je veux dire visiblement pas en reste pour rencontrer « normalement » des femmes là-bas ou ailleurs. Et ils étaient odieux avec elles, totalement irrespectueux. J’imaginais ce qui devait se passer la nuit, loin des regards… Je m’approche d’elles pour rentrer en contact pendant que ces tarés se baignent, et je leur demande comment elles peuvent supporter cela. Elles me répondent: mais là ça va: on est avec eux un mois entier. Ils sont méchants, vicieux et sans respect, mais d’habitude, c’est plus de 25 types par jour, parfois encore pires qu’eux. Là au moins on est sur la plage la journée et on est toutes les 4 ensemble, on se remonte le moral, on peut parler quand ils vont se baigner.
    Et à Bangkok c’est très bien organisé,très bien encadré, c’est une vrai institution. Vous passez devant certains bars et on vous donne le menu des festivités et vous choisissez les filles , elles portent un n° sur elles comme du bétail. Souvent, elles vivent à plusieurs. Elles sont suivies médicalement, elles sont salariées, elles ne dépassent pas le quota d’heures de boulot en vigueur dans le pays, etc..bref, tout ce que vous souhaiteriez pour la France. Mais ce que vous ne comprenez pas Julien, c’est que quelles que soient les conditions, faire semblant d’avoir du plaisir avec des types qui vous dégoûtent, et ce plusieurs fois par jour, à la chaîne, ce n’est pas du tout comparable avec faire semblant de sourire pour un acteur, ou masser des gens dans un institut (autre que les bordels de Bangkok et d’ailleurs). Et vous pouvez faire l’expérience: jouez la comédie pendant une journée entière, forcez-vous à rire ou à pleurer pour un rôle et le lendemain, faites-vous enfiler par 30 porcs en faisant semblant d’avoir du plaisir, vous allez voir la différence.
    Ce que moi je ne comprends pas, c’est que les hommes comme vous n’aient aucun problème pour pénétrer une femme ou lui demander une fellation, sachant qu’elle va vomir ensuite tellement ça la dégoûte. Et même si elle avait la sécurité sociale, la visite médicale et la fiche de paye, ça ne changerait rien: comment pouvez-vous vous en contenter ? Vous venez de passer un moment avec une prostituée, vous sortez et vous vous dites : j’ai vraiment pris mon pied avec cette fille, là elle est en train de vomir et je la dégoûte comme ceux qui sont passés avant moi et ceux qui me suivent, pour elle, je suis un porc comme un autre, mais c’est le pied.
    J’ai connu et je connais des hommes à la sexualité débridée comme on dit, et qui me disent: moi je ne payerai jamais pour baiser. Et qui ont toujours trouvé et qui trouvent des femmes comme eux, qui s’envoient en l’air pour le plaisir, une femme par jour pourquoi pas, peu importe, ils cherchent et ils trouvent à « s’éclater » avec des femmes qui s’éclatent avec eux, autrefois sans Internet, à présent sur Internet. La perversité des hommes comme vous, c’est que vous ne cherchez pas à partager un moment, une nuit ou davantage avec une ou des femmes qui seraient vos égales, qui aiment faire l’amour, qui prennent du plaisir avec vous comme vous en prenez avec elles. Vous voulez exercer un pouvoir sur elle, pas à la façon d’un jeu sexuel comme nous pouvons tous le vivre si ça nous amuse, mais bien pour rabaisser l’autre en tant que personne-objet-viande qui se force à subir votre envie du moment. D’un point de vue pratique sexuelle, la seule différence avec le viol, c’est que la femme/ l’homme/ l’enfant, se laisse faire et accepte cette abomination pour vivre, et dans beaucoup de pays, pour survivre. Dans les deux cas, elle/il trouve l’homme ou les hommes qui se défoulent sur elle/lui , répugnants. C’est pitoyable, et cela en dit long sur tout un pan de la gente masculine…

  14. Bonjour Lola,
    Je refuse de vous répondre sur le fond. car dans la forme, vous n’êtes pas dans la dialectique mais dans l’accusation: vous me traitez de dégoûtant, de porc, de pervers, vous dites que je rabaisse l’autre, que j’impose une abomination, que je me défoule sur autrui, vous me jugez pitoyable.
    Merci de retirer ces propos.

    • Aucun corps de femme n est fait pour copuler 30 fois par jour. Je plains les femmes de voir à longueur de journées des corps de femmes à moitié nues, partout dans les films, les pubs, les medias… je plains aussi les hommes de se faire exciter continuellement par ces corps exposés. On conditionne les hommes à être continuellement consommateurs, même pour leur sexualité et on conditionne les femmes à consommer (maquillages, talons hauts…) non pas pour devenir autonome dans la dignité mais pour ensuite être consommées. Tout le monde tombe dans le panneau.

    • Julien ça semble difficile pour vous à encaisser mais Lola a simplement fait une déduction juste de tout ce que vous dites depuis le début. Vous avez beau prétendre vouloir une prostitution encadrée, avec fiche de paie et tout le toutim mais à aucun moment on n’a ressenti de votre part, ne serait-ce qu’un soupçon d’empathie envers les prostituées et tout ce qu’elles ont à subir. Vous pouvez prétendre le contraire mais ça se voit bien qu’au fond, la seule chose qui compte pour vous, c’est votre petite satisfaction quel que soit le prix ( et je ne parle pas du tarif de la pipe). Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre et heureusement qu’il existe des hommes de valeur….

      Même si la libido des hommes est éventuellement plus forte que celle des femmes (information très discutable), en quoi ça justifie la prostitution? C’est si difficile pour vous de concevoir que c’est une chose monstrueuse ? Vous aimez vous bercer de douces illusions ? Personne ne mérite d’être exposé comme une marchandise, personne ne naît exutoire. Personne n’a envie d’être utilisé comme un vulgaire récipient à foutre en série. Pas besoin de sortir de l’ENA pour l’imprimer. Un corps ne s’achète pas. Point Barre.

      Vous avez une vision totalement à côté de la plaque de la prostitution et de la façon dont ça marche. Je vous cite : « vous me traitez de dégoûtant, de porc, de pervers, vous dites que je rabaisse l’autre, que j’impose une abomination, que je me défoule sur autrui, vous me jugez pitoyable« .
      Tant pis si ces mots vous chauffent les oreilles mais je ne vois pas comment on pourrait les contredire. Franchement c’est désolant. Pas besoin de vous connaître pour imaginer le triste personnage que vous devez-être. Pour ne pas avoir ne serait-ce qu’un peu de scrupules, il faut être un un pauvre type. Réclamer le droit à du sexe mal fait, de vulgaire coup de reins discount avec une femme très certainement malheureuse et en mauvaise santé révèle une virilité pathétique et un manque d’amour-propre. Et à votre place, je m’en vanterais pas….
      Un peu de compassion et d’orgueil pourrait vous rendre un peu moins médiocre…

  15. Bonjour à toutes et à tous. D’abord, MERCI, MERCI, MERCI à Zéromacho pour cette initiative, et merci à tous les utilisateurs et toutes les utilisatrices éclairé-e-s pour ces beaux argumentaires contre la prostitution.
    Julien : votre vision du désir féminin plus « faible » et moins fréquent que le désir masculin est informée par une longue histoire occidentale de répression du désir féminin et de construction du désir masculin dans la domination et la violence. (Mais pas si longue que ça: au XVIe siècle, par exemple, la masturbation féminine était encouragée car on pensait qu’une femme était plus fertile après avoir eu un orgasme. Oui oui.
    Aujourd’hui, le désir féminin est considéré comme inexistant, et le plaisir féminin, considéré à certaines périodes historiques comme subalterne à celui de l’homme, reste encore insuffisamment étudié. (Exemple: ce n’est que depuis quelques années que des schémas en coupe du clitoris ont été réalisés.)
    Beaucoup de femmes ont beaucoup de désir, qui se manifeste de manières très différentes en fonction des femmes. Il est vrai que les femmes ne sont pas encouragées à exprimer ce désir (une femme qui désire, qui fait le premier pas et qui a de nombreux/ses partenaires = salope), alors que les hommes, si (un homme qui désire et qui fait le premier pas = beau gosse). Bien sûr, je ne parle que des rapports hétéronormés dominants…
    Et il n’est pas moins vrai que cela prendra probablement encore une ou deux générations (soyons optimistes pour une fois, mais les commentaires des personnes qui vous ont répondu m’y invitent) avant que toutes les femmes se sentent en confiance pour exprimer et concrétiser leur désir au quotidien. Les femmes aussi doivent s’affirmer dans ce sens, être exigeantes avec leurs partenaires, et avec elles-mêmes. Le désir est quelque chose de très compliqué, il peut être un peu tordu, parfois. Le plaisir est complexe et polymorphe. Mais en aucun cas, désir et plaisir ne sont au rendez-vous dans des rapports où un être humain est utilisé par un autre pour de l’argent, ou pour tout autre chose qui n’est pas le désir d’une personne pour une autre personne, laquelle désire aussi la personne qui la désire ; entre consentement et désir, il peut y avoir un océan.
    Je rejoins les autres commentaires : je vous suggère d’avoir des rapports tarifés avec plusieurs femmes dans la même journée, qui ne vous attireront pas particulièrement, dont vous n’aurez pas vraiment envie, et à qui vous devrez tout de même donner l’impression qu’elles sont des partenaires fantastiques.
    Sur le judicieux parallèle avec l’esclavage: figurez-vous que sous l’esclavage aux États-Unis, les maîtres étaient toujours très surpris chaque fois qu’ils étaient forcés de se rendre compte que leurs esclaves les haïssaient et les méprisaient – surtout les esclaves qui étaient prétendument bien traités (les domestiques) par rapport aux autres (les ouvriers agricoles): les oppresseurs étaient persuadés d’être aimés par les opprimés – notamment parce que les opprimés, pour survivre, étaient obligés de jouer la comédie H/24, 7/7, présentant un véritable masque aux maîtres.
    Enfin, je vous conseille la lecture du Tao de l’art d’aimer, de Jo-Lan Cheng, si vous souhaitez vraiment vivre une sexualité épanouie. Le Tao recommande d’avoir le plus de rapports possibles. Youpi! Mais la condition est de faire parvenir sa partenaire à l’orgasme à chaque rapport – l’orgasme, le vrai, celui qui se voit à des manifestations physiologiques incontestables – je vous laisse découvrir lesquelles dans cet ouvrage. C’est une synthèse de très, très, trèèèès vieux textes de la Chine ancienne, à l’époque où la virilité d’un homme ne se mesurait pas à sa capacité à éjaculer ou à bander, mais à combler une femme. (Pour votre information, les représentations du plaisir féminin véhiculées par l’industrie porno, y compris l’industrie porno prétendue d’amateurs, n’ont absolument rien à voir avec le plaisir des femmes.)
    Encore un effort.

  16. « On ne voit pas en quoi le sexe serait un organe corporel différent de la main qui masse ou qui coupe les cheveux ou qui soigne…à moins de considérer que la sexualité en général doit être soumise à des normes ou interdits moraux particuliers, ce qui avait peut-être encore un sens à une époque où la contraception n’existait pas, mais n’en a plus aujourd’hui. Les seuls motifs de cette différence paraissent d’ordre religieux et donc ne valent que pour ceux qui y adhèrent et non pour tous. Le problème est donc que le point de vue moral des adversaires de la prostitution n’est pas nécessairement celui de tout le monde; chacun a le droit de considérer que la prostitution est un service comme un autre et je ne vois pas au nom de quelle morale valant pour tous on pourrait imposer aux autres, clien(e)ts et prostitué(e)s consentant(e)s, la morale particulière qui est celle de ses adversaires. Personnellement, je n’aime pas la boxe que j’estime violente mais je n’en demande pas l’interdiction pour autant, dès lors que les boxeurs (adultes et vaccinés) ne la voient pas comme telle ou consentent à cette violence comme un plaisir lié à leur sport. Si c’est en effet le droit des adversaires de la prostitution de la refuser pour eux-mêmes, ce ne l’est pas de l’interdire aux autres. Ce qui fait que le droit, par principe libéral et universaliste, ne peut interdire la prostitution (laquelle ne concerne pas que les femmes), ce qui est effectivement le cas: le droit interdit le proxénétisme et le racolage sur le voie publique, pas la prostitution. Il est alors absurde de voir le droit condamner pour proxénétisme quiconque vit avec un(e) prostitué(e) ou loue un logement ou une chambre à un(e) prostitué(e ) etc..
    Ainsi si nul ne n’oblige personne à se prostituer ou à fréquenter les prostitué(e)s on ne voit pas en quoi il faudrait interdire le prostitution, comme service rémunéré à la personne, à ceux qui y consentent . De plus, la fausse interdiction actuelle a pour seul résultat de transformer la prostitution en esclavage et en entreprise mafieuse dont les pratiques sont contraires aux droits des hommes et des femmes prostitués »

    Voilà en substance, les propos qu’un professeur de philosophie (au demeurant brillant) de l’Université d’Anger, me tenaient, face à mon engagement contre la prostitution (http://encorefeministes.free.fr/zeromacho.php3 )
    Et j’avoue que l’argumentation est solide, presque convaincante, sauf que pernitieusement sophistique.

    Tout d’abord, pour écarter toute ambigüité, je suis un abolitionniste de la prostitution, et je considère les clients comme des « corrupteurs », les proxénètes comme des criminels et les prostituées comme des victimes. Pas de réserve, ni d’objection.
    En campant cette position, j’affirme donc ma subjectivité.

    La priorité du combat demeure la défense de la dignité des femmes, premières victimes de cette abomination. Et je suis content de pouvoir affirmer publiquement que la prostitution est une barbarie.
    Mais cette position n’est acceptable qu’à une seule condition : croire au caractère inaliénable des droits fondamentaux de la personne.
    Je m’explique.

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Claire Carthonnet, ancienne prostituée, militante du «Droit à la prostitution et des prostituées », laquelle défend deux thèses: aider les prostituées qui souhaitent « en sortir » et « régulariser » par un statut professionnel celles qui souhaiteraient en faire un métier.
    Notre échange n’a pas été très fructueux, lorsque je l’ai invitée à parler sur le fond. Elle parle en effet d’engagement pour le « droit des personnes prostituées ». Et elle ne s’intéresse pas aux droits fondamentaux de la personne, dont elle ne voit pas le sens.

    Les chantres de la prostitution légalisée fondent leur raisonnement sur une « bonne » raison, et une mauvaise à mes yeux :
    – La bonne, bien sûr, c’est la fin de l’interdit juridique, lequel nourrit les réseaux mafieux, et leur cortège de pratiques esclavagistes. Et alors?
    – La mauvaise, c’est de considérer que le sexe est une transaction possible, si le payeur et le vendeur sont consentants.
    De ce point de vue, la consommation de drogue dure, ou toutes les pratiques « consenties » ou transactionnelles pourraient être mises sur un pied d’égalité.
    Bien entendu, personne n’ira explorer ce que le consentement peut avoir de conditionnements, sublimations, psychoses, déviances. Bref, l’affirmation verbale ou écrite suffira pour régulariser la transaction.
    Dans un domaine moins charnel, les crédits à la consommation, ou les « subprimes » issus du surendettement des ménages indigents aux USA ont toujours été mutuellement « consentis », ce qui n’empêche les dominants (banques) d’obtenir l’aliénation des signataires.
    Je sais. J’entrouve la « boite de Pandore », dans la mesure où je contesterais la « liberté du pigeon » à se faire…. « pigeonner ».
    « La loi ne protège pas le pigeon » affirmait mon prof de droit….
    Il n’empêche qu’il me semble que le consentement « légal » n’est pas une barrière suffisante pour qualifier la défense des Droits Universels.
    Les relativistes, les mêmes qui ont défendu à l’ONU les dictatures africaines, m’opposeront que les « Droits Universels » n’existent pas et que cette vision occidentale est discutable, tant dans son caractère applicable (la démocratie est-elle un modèle pour tous ?) que dans sa chronologie (au même moment ?).
    Mais revenons à nos pavés…

    La prostitution, un service comme un autre ?
    – Si un père et une fille décident d’avoir des rapports sexuels consentis (et même transactionnels), y-a-t-il une objection possible, au titre des droits fondamentaux qui placent l’inceste dans la sphère des déviances ?
    – Si « un fort » conditionne la protection d’un « faible » par une transaction, et que ce dernier y consent, s’agit-il de racket ou simplement d’une transaction ?
    – Si un riche peut payer une opération chirurgicale à un pauvre, contre une transaction sexuelle, y-a-t-il perte de consentement, ou est-ce une transaction privée mutuellement consentie (« paiement en nature » dirait mon philosophe) ?
    Et c’est bien le sujet : quand commencent et s’arrêtent les droits fondamentaux de la personne humaine ?

    Rien de moral dans cette revendication, mais seulement une alerte contre les dérives qui consistent à tout normaliser sous prétexte de « transaction consentie ». C’est l’étalage télévisuel de ce qu’on qualifie de « réalité » pour des programmes qui ne sont qu’ une mystification de notre nature profonde, celle qui aspire à la seule vraie relation, sans contrepartie : l’amour.
    Il y a une confusion entre « services » et « sévices » entretenue par un aveuglement qui placerait le consommable (le « consumable ») au dessus de toutes les intégrités anthropologiques.

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